Lussault, campaniste, fabricant de battant expérimenté, livre un battant au campaniste Gradoux, une pièce de taille pour un savoir unique

Lussault, campaniste, fabricant de battant expérimenté, livre un battant au campaniste Gradoux, une pièce de taille pour un savoir unique

Remiremont : un nouveau son de cloche à l’abbatiale où des campanistes viennent d’installer un battant neuf sur l’une des trois cloches

Les campanistes, Thomas Richard et Eric Fenard, ont mis en place ce lundi après-midi hier un nouveau battant pour la plus grande des trois cloches de l’église abbatiale. Une opération exceptionnelle.

Lampes frontales accrochées sur la tête, Thomas Richard et Eric Fenard sont des hommes de l’ombre. Ce lundi, les deux campanistes venus de Meurthe-et-Moselle ont installé un nouveau battant à la plus grosse des trois cloches de l’église abbatiale. Cette opération délicate a nécessité près de l’après-midi à ces deux professionnels. «On a déjà eu une sacrée suée rien qu’en montant le battant», informe Eric Fenard. L’objet de plus de 100 kilos est une pièce d’un tenant en acier doux qui a été fondue à La Rochelle. Très résistant, le battant est voué à résister des siècles alors qu’il vient frapper la grande cloche faite d’airain, «un alliage mêlant 80 % de cuivre et 20 % d’étain», signale Thomas Richard.

En haut du clocher de l’abbatiale, les deux professionnels s’affairent avec beaucoup d’aisance. «Ici, le plancher est solide. On ne prend jamais de risque et si le sol présente des dangers, on s’attache», lâchent-ils tout sourire. Ils ont l’habitude de la pénombre ambiante, de ces petits escaliers pentus poussiéreux et de ces espaces confinés où le son du tintement des cloches résonne et s’épanche du plancher aux poutres avant de s’extirper vers l’extérieur à travers les abat-sons pour se diffuser dans la ville.

Ils remplacent les sonneurs de cloches

Ce lundi après-midi, les deux campanistes ont coupé l’électricité actionnant les trois marteaux qui viennent frapper les cloches pour intervenir en toute sécurité.

Après avoir monté le battant en haut du beffroi, les deux hommes ont dû redescendre pour prendre leur matériel. «On s’occupe de l’électricfication des cloches et des automatismes des cadrans extérieurs. C’est un peu comme si nous étions les remplaçants des sonneurs de cloches !», sourit Eric Fenard.

L’ancien battant de la grande cloche dont le poids est de 2 tonnes est au sol. Sur l’escabeau, les campanistes finissent leur oeuvre : l’un maintient le battant pendant que l’autre sert les énormes boulots à l’aide d’une clé anglaise aux proportions tout aussi impressionnantes. «Nous sommes déjà venus prendre les mesures du battant qui n’est fait que d’une pièce. Les cotes sont prises en fonction du diamètre et du poids de la cloche», explique Thomas Richard. Le point de frappe marqué par l’usure du temps sert également de repère. «Ici, c’est pas tout neuf ! Les mécanismes sont anciens mais ils fonctionnent bien», ajoute-il. La ville de Remiremont devra débourser environ 2000 € pour cette intervention. Les campanistes quant à eux reviendront dans l’année. Chargés de la maintenance des cloches, de l’électrification et des automatismes, ils gèrent l’entretien de ce patrimoine haut perché. D’ici peu, ils devraient intervenir dans le clocher de l’église de Saint-Nabord dont le beffroi doit être renforcé, le plancher et l’électricité refaits.

Source: Vosges Matin