Saint-Hilaire-de-Clisson. Laumaillé-Lussault: Agée de 480 ans, la cloche, restaurée, remonte dans le clocher

Saint-Hilaire-de-Clisson. Laumaillé-Lussault: Agée de 480 ans, la cloche, restaurée, remonte dans le clocher

Le campaniste Laumaillé-Lussault œuvre à Saint-Hilaire-de-Clisson (44) en animant des ateliers pédagogiques pour les enfants à l'occasion de la restauration par soudure sur l'airain ayant 480 ans. Un travail en partenariat avec la fonderie Lachenmeyer pour une cloche classée, ayant reçu préalablement toutes les autorisations des services de la DRAC pour sortir du territoire sans aucune difficulté.

Après des mois de restauration, la cloche Marie Jean Baptiste retrouve le clocher. Agé de 480 ans, le plus vieux carillon va pouvoir sonner dès ce week-end.

Elle n’est pas encore dans le clocher. Mais elle est déjà de retour. Et sonnera de nouveau ce week-end après des mois de silence. Le chantier de restauration de la plus vieille cloche de l’église est terminé. Il a été confié à l’entreprise Lussault, basée à Tiffauges. La société chargée de la restauration des cloches avait décelé lors d’un examen d’entretien que le carillon « était abîmé à la partie où le battant vient cogner » , explique Valérie Brunelière. « Il y avait un risque de fêlure » , ajoute la campaniste,

Descendue l’été dernier*, la cloche a pris la direction de la fonderie Lachenmeyer, en Allemagne. « Il fallait analyser le métal pour avoir le même alliage » , poursuit l’ingénieure. La cloche de la commune est en bronze, alliage de deux métaux : 78 % de cuivre et 22 % d’étain.

L’opération de restauration a consisté « à recharger les points de frappe, en rajoutant des couches de frappe » , à boucher les quatre trous situés au niveau du cerveau de la cloche (la tête) et « à refaire l’anse centrale » , détaille la campaniste devant les enfants. Avant de la remonter dans le clocher, une matinée pédagogique autour de l’histoire de la cloche a été organisée. Neuf classes de l’école Saint-Joseph ont échangé avec la spécialiste de l’entreprise Lussault.

132 kg et 1536

Le chantier a permis aussi de vérifier l’origine du carillon, patrimoine de la commune. Pierre-Pascal Perraud, passionné d’histoire, a profité de la restauration pour déchiffrer les inscriptions en latin et en français de la cloche. En agrandissant les photos, détourant le contour des lettres et en cherchant des alphabets gothiques sur Internet, Pierre-Pascal Perraud décrypte la phrase gravée : « M. G. pour Monsieur Guillaume, Loiret, recteur de céans ( Saint- Hilaire) m’a donné l’an mil cinq C (pour cent) et ensuite XXX (pour trente) et VI (pour six) » , indique-t-il.

L’inscription valide la date « qui avait été avancée dans le livre de Pierre Bonnet » , raconte le Gétignois, natif de Saint-Hilaire. Agé de 480 ans, le carillon lourd de 132 kg est bien le plus vieux de l’église. La cloche a bien sûr un nom. Elle s’appelle Marie Jean Baptiste. Des noms qui font « plutôt référence aux saints » , poursuit l’amateur.

La cloche restaurée va rejoindre les trois autres carillons. L’église va pouvoir retrouver sa musicalité dès ce week- end. « Les cloches ont toute une note de musique, a expliqué Valérie Brunelière aux enfants, en fonction de leur hauteur et de leur épaisseur. » Pour la commune, le coût du chantier dépasse les 6 308 € (hors taxe).

* Ce ne serait pas la première fois que la cloche Marie Jean Baptiste pose sa lourde masse sur le plancher des vaches. Une anecdote raconte que l’église aurait été barricadée et que la cloche aurait été descendue en 1906 au moment de la période de la séparation des biens de l’Eglise et l’Etat.

Source: L'hebdo de Sèvre et Maine